Perfum du paulownia, 2013, Tiage Lambda sous Diasec, 50 x 70 cm

Un jour, en passant dans une rue que j’empruntais habituellement, il y avait des travaux dont l’objectif était de refaire un mur qui était très haut. Ce jour-là, j’ai senti une odeur qui était faible et très familière, mais aussi très étrange. J’ai levé mon nez, respiré profondément et ai répété cette action plusieurs fois et de plus en plus vite. Mes yeux aussi cherchaient  tout autour de moi pour savoir d’où provenait cette sensation étrange. Je n’avais pas de certitude, mais j’étais sûre de la connaitre. Je fermai les yeux pour chercher dans ma tête comme si j’étais entrée dans un tunnel obscur et que je souhaitai en  trouver l’issue.

Le haut mur avait caché un jardin et gardé le parfum d’un paulownia qui m’avait donné ce sentiment profond de répétition, car j’avais déjà respiré cette odeur dans mon passé.


Quand j’étais petite, vers l’extrémité du long chemin qui menait chez moi,  il y avait  trois paulownia à la hauteur desquels ma maison apparaissait à ma vue. Un soir, tard, j’ai senti comme cette odeur agréable me rassurait… Maintenant, tous ces arbres ont disparu et sont oubliés. Mais, avec le parfum du paulownia, tout à coup, le souvenir oublié m’est à nouveau apparu.


Comme avec le petites madeleines de Proust, je découvre que le rappel de souvenirs oubliés, une réminiscence, peut être provoqué par une identité de sensations entre une expérience actuelle et une expérience ancienne oubliée, mais qui pourraient être aussi bien les images d’un rêve.

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